The True Life Show
Le plus gros projet de télé-réalité jamais vu au monde, un show qui met en scène une ville, filmée vingt quatre-heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, tous les jours de l’année et diffusée dans le monde entier : The True Life Show.

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MessageSujet: #1 Lun 12 Jan - 17:17

Moira a écrit:
Ce qui les saisit en premier, c'est le silence, totalement déplacé quand on voit le paysage ravagé, et ils ne peuvent pas imaginer combien ce calme est oppressant après le passage de la horde.  Puis vient l'odeur atroce des chairs en décomposition ; ça prend à la gorge et ça tord le ventre. Le parking est ravagé et la pelouse semble avoir été piétinée par des milliers de pas. Ils avancent à pas lents, sur leur garde. Jamais ils n'avaient vu pareille chose depuis leur arrivée en Écosse. Leur progression se fait prudente. Elle ressert sa prise sur son pied-de-biche et jette un coup d’œil à Leah qui marche juste derrière elle. Ça a été habité ici, c'est évident, il reste des traces d'occupation un peu partout, mais il n'y a plus personne. Rien, si ce n'est un champ de ruines. Ici et là, quelques zombies errent encore, et quelques coups bien placés les réduisent au silence. C'est groupé qu'ils pénètrent dans la cour du Manoir. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? » murmure Josiah. « Un cataclysme. », répond un autre. Elle, elle garde le silence et observe tout autour d'elle, dissimulant un petit sourire quand elle entend James répondre à la question de Josiah ; c'est qu'il ne peut pas s'en empêcher, cet abruti. Le gravier et la pelouse ont été labourés par ce qu'il semble être un millier de pas, et l'idée prend vaguement forme dans son esprit, sans être bien précise pour autant ; trop terrifiante à envisager, trop terrible à imaginer. La porte du manoir est encore grande ouverte, et c'est à l'intérieur que l'odeur est la plus forte. Moira remonte le foulard qu'elle porte au dessus de son nez, pour masquer un peu la puanteur. Quelques morts vivants déambulent encore à l'intérieur, mais la pratique et l'habitude leur permettent de les faire taire, eux aussi. Puis enfin, quand ils sont sûrs que c'est assez sécurisé pour se détendre, ils explorent les lieux. Tout est figé, comme si d'un coup, ceux qui logeaient dans ce manoir avaient fui précipitamment. C'est ce qui est arrivé, probablement. Avec Leah, James et Charles, ils explorent l'étage, fouillent les affaires oubliées et récupèrent ce qui peut être utile pour eux. Elle trouve ainsi un petit cahier qu'elle fourre dans sa poche ; elle pourra dessiner, son calepin est bientôt rempli. Rien de valeur, si ce n'est les duvets et les couvertures qu'ils ramassent, quelques bouts de ficelle qui tiennent fermés une fenêtre. Finalement, c'est au rez-de-chaussé que se trouvaient les choses les plus importantes : des munitions, des conserves, une lampe qui fonctionne encore ; un miracle, une collection de couteaux de tailles diverses.

« On pourrait rester ici » « Si les gens qui vivaient ici sont partis, c'est qu'il y a une bonne raison ! » « Mais y'a plus personne ! » Moira garde le silence, échange un regard qui n'engage à rien avec James, et puis au bout de quelques instants, sort à nouveau dehors. Elle voudrait être sûre de se tromper, et en même temps, un drôle d'instinct lui hurle qu'elle a raison. Elle s'approche de la pelouse, complètement piétinée et suit vaguement les pas, un moment. Et ça ne s'arrête jamais, non, ça continue assez loin. Elle ne s'éloigne pas trop et reste pensive un instant, à regarder cette herbe et ce gravier saccagé. Lorsqu'elle revient dans le manoir, tout le monde parle en même temps, donne son avis. C'était épuisant… depuis leur arrivée en Écosse, la cohésion de leur groupe volait en éclat de jour en jour. Elle s'approche de Leah et serre brièvement sa main, une petite pression pour lui dire qu'elle est là. « Je pense qu'on peut rester là quelques jours », dit-elle finalement, d'une voix lasse. « Ils sont partis et ne reviendront probablement pas. Et… ce qui a  provoqué leur départ ne s'est pas attardé, je crois. ». Elle pousse un soupir las. Elle est fatiguée de cette ambiance tendue et morose. Quitter l’île était nécessaire, mais depuis, l'harmonie fragile de leur petit groupe s'érodait chaque fois un peu plus, chaque fois qu'ils se rendaient compte à quel point ils avaient été chanceux durant cette année et demi à vivre ainsi reclus, mais saufs. La perte de certains d'entre eux, le froid, l'épuisement, la faim… autant de causes qui rendaient chaque jour les choses un peu plus compliquées pour eux. Certains se rendaient bien compte que tout foutait le camp par la grand porte, d'autres s'en fichaient. Elle ? Elle ne sait même pas comment réagir face à tout ça. Elle se contente de veiller farouchement sur Leah. « Il t'a suffi de faire le tour de notre jardin à la française pour le savoir ? Les voisins sont sympa ? J'aimerais leur emprunter leur tond - » « Ta gueule. » Cette fois, c'est un sourire franc qui se dessine sur ses lèvres. Moira sait que James s'amuse à titiller Leah -elle ne sait juste pas dans quelle mesure- mais sa petite sœur a le sang chaud et ne se laisse pas marcher sur les pieds, aussi intimidant que peut se montrer l'homme, elle n'a pas peur de lui tenir tête. « Toi... tu fous vraiment une sale ambiance dans le groupe. » « James ? Ferme-la maintenant. Cordialement. » lui lance finalement Moira, d'un ton ferme qu'un petit sourire en coin trahi.

James a écrit:
Il ferme la marche. Ça file aux autres un sentiment de sécurité. Pour lui, c'est le paysage de ses comparses foulant au pied les cadavres et déchets. Il ne se lasse jamais de contempler le vivant au milieu de la mort. Il ne se lasse jamais de faire le rapport de ce qu'un humain peut tuer de rôdeurs, et de ce qu'un rôdeur peut tuer d'humains. Il sourit du sillage – une véritable avenue – que des milliers de pas ont creusé dans les herbes. La mer n'aurait pas eu d'effet plus prodigieux que ce qu'il voit. « Putain, c'est beau, qu'il souffle en attrapant l'un des zombies au crâne, ajustant le canon de son lanceur contre l'orbite qui cède. » Le bruit lifté de la bille de couleur l'assure de sa victoire et il repousse ce front qui dégouline bientôt d'un bleu nacré. « Selon toi, que s'est-il passé ? frappe-t-il Josiah à l'épaule. » Il le dépasse et entre, à reculons, dans la cour du manoir. « Réponse A : c'était les soldes. » « Malone, qu'un tiers l'appelle depuis le côté. » Il n'écoute pas. Il l'ignore volontiers. Lui, ça l'amuse. Il se moque bien des sentiments des autres. Il ne respecte ni leur peur ni leur peine – jamais il ne les encouragerait. « Réponse B : un très joli château, coquet, pas loin, s'est libéré il y a peu pour cause de proprio décapités avec les dents... une affaire, fallait pas la manquer. Ils sont sûrement partis avec le minimum - et un tank, vues les traces. » Charles fait peser une main sur son épaule, mais il se dégage aussitôt et tourne les talons en direction de la porte. « Réponse C, qu'il lâche parvenu sur le perron. Une horde est passée par ici... et repassera par là. » Il se fend d'un rictus qui leur fait détourner le regard. Tout ce qu'ils peuvent consiste à l'ignorer. Il se lassera. Et, faute qu'il ne s'accomplisse, il ouvre le chemin tortueux de l'étage. Cette témérité, qui confine parfois au suicide, leur convient bien, en vérité. S'il vit, il les protègera certainement. S'il meurt, ils en deviendront libres.

James joue de la lampe, qu'il use contre les iris de Leah. Elle siffle, concentrée sur le débat qui anime le groupe. « Je prends la chambre du fond, qu'il lève la main. Je suis même prêt à partager avec Miss Faulkner... » Et comme l'aînée a disparu, la cadette prend pour elle l'odieux rictus qui vient lui peindre la bouche. « Quand t'en auras assez d'être con... » « T'auras cessé d'être vierge av - » Moira réapparait, ce qui a toujours le mérite de le faire taire. « Je pense qu'on peut rester là quelques jours, qu'elle y va de son propre avis. » A ce groupe sur le déclin, il faut reconnaître qu'elle est des rares voix qu'on écoute. De même qu'on déguerpit sitôt que James gueule qu'il le faut, on obéit sans y songer à cette femme qui s'est révélée. « Il t'a suffi de faire le tour de notre jardin à la française pour le savoir ? lui abandonne Malone qui fourre la lampe dans son sac. Les voisins sont sympa ? J'aimerais leur emprunter leur tond - » « Ta gueule. » Bien que Leah se tienne toujours un peu en retrait, par rapport à sa sœur, les yeux qu'elle a vissé sur lui ne démentent pas que c'est elle. Aussi la désigne-t-il : « Toi... tu fous vraiment une sale ambiance dans le groupe. »

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MessageSujet: Re: #1 Mar 13 Jan - 16:05

Les yeux accrochés à un point fixe, elle écoute et profite de ce silence, se plaît à entendre ce hibou ou cette chouette non loin d'eux, le vent léger qui fait frémir les arbres, et, surtout, les voix qui s’apaisent peu à peu tandis que tous s'endorment un à un. La découverte de ce manoir abandonné leur permet de se poser et de se reposer. Bien sûr, ils se partagent toujours les tours de garde, bien sûr, ils sont toujours sur le qui vive. Mais ça tient à quelques détails, pourtant si essentiels: dormir confortablement, à l’abri de la pluie et dans confort remarquable, vu la situation. Les tensions s’apaisaient quelque peu, pour mieux repartir quand il devrait quitter cet endroit, Moira le savait. Mais pour l'instant, elle savourait à sa juste valeur ce temps mort qu'ils pouvaient s'accorder. Mais même avec cette trêve, Moira ne parvenait pas à se détendre complètement, contrairement à d'autres, elle gardait toutes ses habitudes du dehors, celles-la même que les autres semblaient si enclin à oublier ; une arme a proximité, un demi-sommeil, ses sens en alerte. Ces réflexes qui font maintenant partie d'elle comme une seconde peau. C'est sans doute pour ça qu'elle prenait la majorité des tour de garde, la nuit, profitant du jour pour se reposer, là où tous étaient plus alertes.

Après la fouille du manoir, une partie a été scellée et ils vivent dans les quelques pièces du rez-de chaussé, suffisantes pour leur offrir intimité et confort en même temps que la protection nécessaires. Les fenêtres et les portes sont pour la plupart condamnées pour éviter les intrusions et depuis quelques jours, une drôle de sérénité se fait ressentir sur leur petit groupe, les tensions se font moins fréquentes et une certaine routine a pris la place du chaos qui régnait auparavant, les restes d'une machine bien huilée datant de leur refuge sur l'île. Chacun est rodé, sait ce qu'il a à faire et quand.

C'est le bruit d'une porte qu'on ouvre et qui se ferme qui la tire de ces vagues réflexions dans lesquelles elle est plongée. Levant les yeux, elle devine la silouette de James avant de le voir vraiment ; il a cette démarche particulière qu'elle reconnaît facilement -ou peut-être est-ce qu'elle y prête un peu trop attention. « T'es en avance pour ton tour de garde, Malone, retourne dormir. », fait-elle en servant néanmoins une tasse de café -trésor découvert dans des placards du cellier- pour l'homme.

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MessageSujet: Re: #1 Jeu 15 Jan - 2:04

Il reste à l'observer toutes les nuits. Il serait plus utile à épier les orées, qui les cernent tout autour, mais James s'en est fait un devoir ; c'est machinal, il n'y pense pas. C'est seulement elle, qui s'assoupit enfin, au bout d'un long combat contre la paranoïa et l'instinct. Et, tout ce temps, il ne la lâche jamais de son attention. Et c'est curieux, d'ailleurs, même un peu drôle, comme il la dévisage alors qu'il songe à l'autre des Faulkner. Car si Leah s'endort à quelques pas de lui, Moira est à veiller du simple fait de son absence. Elle est un peu plus loin, à deux portes de là pour être exact, dont la première est entrouverte. Malone pourrait presque la deviner. Elle s'installe chaque fois au même endroit. Toujours. Tous les jours. Ou plutôt toutes les nuits. Elle est seule, toutes ces fois. Les autres ne partagent pas son alerte. James non plus. Cependant, il subit. Comme les autres. Il n'y a rien à faire contre ce zèle. Il n'y a rien à faire contre cette peur. Impossible de produire un remède à cette bête qui a investi les entrailles – de Moira, il est vrai, plus encore que tout autre, mais tout autre de même. Il est probablement le seul à jouir d'une glorieuse insouciance. Il l'est. Il est le seul. Et ce plaisir, unique et personnel, n'en est que plus délicieux.

Il ne ressent rien de ce qu'il lit dans les cadavres qui l'escortent. Charles. Josiah. Leah qui, même dans son sommeil, s'agite d'une insolence qui sert de toute défense. Ça le désole, en un sens, mais ça n'arrive qu'à des moments où il se force à éprouver quelque chose de réel. Et ce n'est pas pour lui-même, c'est plutôt pour les autres. Il leur faut, à chacun d'eux, toutes ces choses qu'il a quittées lorsqu'il est mort, bien des années plus tôt. Maintenant, ce n'est qu'un pâle frisson lorsqu'il referme la porte et comme une sensation – mentale plus que physique – d'avoir déjà vécu cent fois une pareille scène, de la connaître par cœur, d'être capable de la réciter. Son pas pesant. Le visage qu'elle lève vers lui. Et ce ton vaguement grinçant, qui le renvoie et qui l'invite. Ça le fait immédiatement sourire. Il passe le fusil de paintball de son ventre à son dos et il s'assoit, attrapant la tasse qu'il agite par réflexe. « Tu fais flipper, tu sais, qu'il souffle sans nécessité sur la mixture. Le genre d'autorité qu'on se fout au cul. » La lèvre supérieure dégage une rangée de dents, qui la nargue avant d'avaler de cet odieux café. « Mmm, lèche-t-il le coin de sa bouche, c'est bien dégueulasse. Les trois premières secondes, qu'il commente en y ajoutant des manières, on a carrément envie de gerber mais... une fois ravalé, hoche-t-il la tête, ça passe comme mon père dans ma mère. »
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MessageSujet: Re: #1 Jeu 15 Jan - 13:33

Moira répond au sourire de James alors qu'il s'installe auprès d'elle, comme souvent ces derniers jours. Ils échangent beaucoup plus aussi depuis un temps, plus qu'avant, comme si l'arrivée en Ecosse avait changé quelque chose qu'elle ne parvient pas à saisir et qu'elle nie un peu, sûrement. Mais Leah, trop fine, trop observatrice, a repéré avant même qu'elle n'en prenne elle-même conscience de ses regards dérobés qu'elle pose sur James. C'est Leah qui est venue vers elle, avec son sourire qui en disait bien long et ses yeux pétillants, et qui habilement, l'a menée à la confidence. Et c'est avec plaisir que Moira s'est laissé portée par la conversation, parsemée de rires étouffés qui rappelaient tant ces moments d'avant, ces soirées où Leah et elle discutaient de tout, de rien, ces soirées que passait Moira à écouter Leah parler de ses rêves, ses projets. C'était, en tout cas, bien avant que Moira ne veille sur sa petite sœur comme une louve protège ses petits, farouchement

Ce que c'est, Moira elle-même n'en sait rien, quelque chose entre l'affection, l'attirance, la curiosité, l'amitié, la sympathie. Elle est la seule à faire abstraction du caractère étrange et changeant de l'homme, la seule à en rire même parfois. Elle s'amuse des joutes verbales qui l'opposent à sa cadette. Moira profite de la pénombre pour poser ses yeux sombre sur lui, la lampe à huile qui éclaire la pièce ne diffuse une lumière suffisante pour offrir autre chose qu'un jeu d'ombres qui lui convient tout à fait, il ne peut pas forcément voir ses joues qui se colorent légèrement en entendant sa réponse ; elle ne peut par contre pas cacher sa toue étranglée alors qu'elle avale de travers. « Ca a le mérite de tenir chaud, on se pèle, la nuit » répond elle néanmoins en resserrant les pans de la couverture qui l'entoure. « Mais la prochaine fois, j'irai nous chercher une bouteille dans la cave à vins. Je me ferai un plaisir de te saouler. » Elle a ce petit sourire en coin, moqueur. C'est qu'elle apprécie ces moments sereins, volés à l'angoisse qui l'habite en permanence, maintenant. Moira se rend bien compte que sa prudence se nourrit de la peur qui se terre, et que cette même peur l'a changée considérablement ; elle ne pouvait plus se cacher derrière une routine rassurante pour ne pas avoir à décider, elle ne voulait plus, d'ailleurs, être cette fille qui vivait passivement. « J'suis étonnée que tu sois encore là, avec nous », qu'elle lâche soudain. Ces moments ont l'avantage de pouvoir nourrir des conversations à bâtons rompus, sans trop de gêne. « J'pensais que tu serai parti de ton côté une fois arrivé. » Elle marque un temps avant de reprendre « Mais c'est cool. »

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